Catégorie : Europe

  • Helsinki

    Après notre séjour à Abisko, on prend la direction du dernier pays du voyage : la Finlande. Pas si facile de passer d’un pays à l’autre depuis le grand Nord : On doit d’abord louer une voiture pour arriver à Kiruna à l’heure, puis prendre un premier train pour passer de Kiruna à Boden, puis un deuxième train pour arriver à Haparanda, une ville frontalière de Suède. On y arrive dans la soirée, et on doit encore traverser la frontière pour attendre la gare de Tornio, de l’autre côté de la frontière, en Finlande. Normalement on devait faire le trajet en taxi pour être tranquille, mais le chauffeur nos plante ! Nous voilà donc partis pour une heure de marche, un peu stressé par le temps (une heure prévue, notre train part dans une heure quinze…) On arrive heureusement à temps à la gare, bien aidé par le fait que les infrastructures piétonne de Suède et de Finlande sont nickels. Gare c’est d’ailleurs un bien grand mot : Tornio-Itäinen est en fait un grand quai, envahi par les moustiques ! Après une bataille de dix minutes contre les insectes, on saute dans notre train. Celui-ci est super confortable : on a une cabine de trois lits superposés, avec un petit lavabo et de la place pour nos affaires, c’est cosy. On passe donc la nuit dans le train, et on arrive reposés à Helsinki, douze heures plus tard.

    Pour notre première journée, on commence par poser les bagages à l’hôtel(qui étaitsuper d’ailleurs, avec un petit déjeuner incroyable), puis on part se ballader dans les rues. On se fait surprendre par la pluie, et on decide donc de commencer par le musée de la ville d’Helsinki. Cela nous permet de mieux comprendre l’histoire du pays et de la ville, qui a été Suedoise ou Russe en fonction des eppqie, avant l’indépendance en 1917. Helsinki est d’ailleurs une capitale assez”jeune”, la ville a été créée au 16ème siècle pour concurrencer Tallin comme port de la Baltique, et en devenue la capitale au 19ème siècle, apres la conquête par les Russes, qui voulait une capitale plus loin de la Suède. Après le musée, on flâne sur le vieux port de plaisance, puis on se promène dans le jardin botanique d’Helsinki : parc à jeu pour Maël, jardin de mousse pour Chloé. Du jardin, on se rend au parc d’attraction de Linnanmäki. Celui-ci ressemble au parc Tivoli à Copenhague : ancien (il a 75 ans), bien aménagé, et on paie à l’attraction (ou on prend un pass, ce qu’on n’a pas fait cette fois). On passe un peu de temps au parc, le temps de tester quelques attractions, puis on se dirige vers le restaurant. Pour cette fois, on a choisi de manger Russe/Ukrainien : blinis géant fourrés, et Varenyky (des duplings ukrainiens). Super bon, et on peut rentrer se poser à l’hôtel, après une bonne journée. On a pu constater au cours de nos balades qu’Helsinki a des influences russes : dans son architecture d’une part (c’est grand, carré), et dans son langage – on ne comprend absolument rien au finois, alors qu’on repérait quelques termes en norvégie et suèdois.

    Le deuxième jour, on décide de commencer par un tour en bateau dans l’archipel d’Helsinki. Cela nous permet d’admirer la ville depuis la mer, de constater qu’on est rapidement en pleine nature (certaines îles sont encore peu construites) et d’apprendre quelques détails sur la vie et le pays. On prend ensuite un rapide déjeuner au marché d’Helsinki, puis on part dans une des piscines de la ville (après un premier échec, la piscine qu’on visait était fermé pour vacances d’été). La piscine est grande, et possède notamment un plongeoir de compétition, que Guillaume et Maël ont pu tester : Cinq mètres de haut, ça fait déjà un beau saut. Elle comprend également dans les vestiaires (comme la plupart des piscines d’Helsinki) un sauna et un hammam, ce qui nous permet de tester la spécialité locale. Sans maillot de bain, pour respecter la tradition, mais sans plongeon dans l’eau glacée juste après, ce sera pour une prochaine fois !

    Pour notre troisième jour, on décide de se balader plutôt à vélo, pour profiter du super réseau cyclable local. On se rend jusqu’à l’île de Seurasaari qui héberge un musée en plein air sur la vie finlandaise dans le passé. Mais on fait l’impasse sur la visite des batiments comme on a fait quelque chose de similaire à Voss et on se balade sur l’île où des mésanges et des écureuils (et des pigeons…) gourmands viennent manger des amandes jusque dans nos mains ! Après le déjeuner on va dans la halle de jeux pour enfants Linnanmäki qui est situé…dans le sous-sol d’Helsinki. En effet c’est un sous-sol rocheux très robuste que les finlandais exploitent pour leur vie quotidienne. Gymnases, piscine, karting ou piste d’athlétisme peuvent se situer sous terre ! Maël a beaucoup aimé et a réussi à faire un salto avant et un salto arrière sur trampoline. On finit la journée sur l’île de Mustikkamaanpolku (l’île de la myrtille) où on croise une biche. On se trempe aussi les pieds dans l’eau (froide !!) avant de prendre un verre et des tapas entourés d’arbres et d’eau.

    Le dernier jour arrive. Avant de prendre le bâteau à 18h, nous allons acheter quelques spécialités au marché d’Helsinki, à base de baies (canneberges, cloudberries…) avant de reprendre les vélos direction le zoo. Une journée sympathique à l’extérieur qui permet de voir des animaux finlandais (dont des rennes) et d’autres qu’on ne voit pas habituellement en zoo (pécari d’Amazonie, chèvres himalayennes). Le réseau cycliste est vraiment agréable, il est totalement séparé des routes, longe plutôt les voies de tram et les chemins piétons, possède ses propres ponts et sa propre signalétique. Un vrai plaisir !

    Le soir, direction le bâteau pour Stockholm. Celui-ci possède un bel espace de jeux pour enfants, gratuit (salle de foot, ping-pong, jeux vidéos, lego…) et le matin nous prenons le petit déjeuner avec vue sur l’archipel de Stockholm dans lequel se faufile le bateau à basse vitesse. Un vrai plaisir !

    Helsinki est moins riche en visites que Copenhague ou Oslo (ou bien ça commençait à devenir redondant pour nous) mais la météo était douce, on a passé de beaux moments à se promener à l’extérieur.

  • Suède

    Après ces quelques jours en Norvège, nous partons pour le nord de la Suède, au-delà du cercle polaire : direction Abisko avec un trajet de 2 nuits de train (!!) : Voss-Oslo (6h en train de nuit, sur une place assise), Oslo-Stockholm en train de jour, Stockholm-Boden en train couchette et enfin Boden-Abisko.

    Nous avions 4h de changement à Stockholm. L’occasion de changer de tenue car les températures ont pris 10°C entre Voss et la Suède, et d’aller croiser la maman de Chloé, en voyage aussi en Suède et de passage à Stockholm le même jour. On se retrouve dans un parc, pour permettre à Maël de se défouler entre tous ces trajets en train, et on s’affronte dans une partie de minigolf remportée par Chloé (pour une fois !!).

    Anecdote : nous étions dans le train de nuit avec des suédois pour le match Suède/Pays-Bas, perdu 5-1 par la Suède. Dommage…

    Abisko est située dans un parc national, et est réputé pour être le lieu idéal pour voir des aurores boréales l’hiver, et le soleil de minuit de mi-juin à mi-juillet, la raison de notre présence. C’est un village situé au bord d’un immense lac, avec une végétation de toundra. Des bouleaux, des sols, du sedum, beaucoup de fleurs de type « alpines » ou « arctiques » et des températures inférieures à 10°C : pendant que la France affronte sa deuxième vague de chaleur, nous sortons doudoune, collants et gants. Nous avons fait 2 randonnées, observé les oiseaux au bord du lac et en rando (Courlis, comme en Australie et… Lagoped alpin !), vu des lièvres arctiques, beaucoup de fleurs et diner dans un restaurant cuisinant des produits locaux : « Artic char » (omble chevalier) fumé, ortis grillés, oeufs de poisson et viande d’élan cuite plusieurs heures, incroyablement tendre et chassé par des Sami. On a vu aussi une reconstitution de village sami puisque Abisko se situe en Laponie suédoise, sur un territoire Sami, ce peuple nomade qui migre avec ses troupeaux de renne, en plaine l’hiver, en altitude l’été.

    Info intéressantes :
    – A Abisko passe la « voie du roi » (Kungsleden), un trek de 450km en Laponie.
    – La voie de chemin de fer est celle qui relie Kiruna au port norvégien de Narvik. Kiruna est une ville de 20 000 habitants abritant une énorme mine de fer active depuis plus de 100 ans et qui fournissait notamment l’Allemagne nazie (activité maintenue sur base de la neutralité suédoise). La ville de Kiruna est en train de déplacer son centre-ville de 3km, en démontant/remontant les bâtiments car le sol s’effondre du fait de la mine qui transforme le sous-sol en gruyère.

    Enfin nous avons emprunté un télésiège pour monter à 1100m à la Aurora Sky Station, lieu d’observation des aurores boréales et du soleil de minuit. En fait de soleil nous aurons eu les nuages de minuit, mais la luminosité au milieu de la nuit est incroyable et très perturbante pour le corps qui ne s’assoupit pas le soir venu.

    Les paysages du nord de la Suède sont très différents de la Norvège, moins abrupts avec une végétation basse, majoritairement des saules et des bouleaux (pour la plus grande joie de Chloé qui adore cet arbre). Il pleut aussi plusieurs fois par jour, de légères ondées, mais Abisko a souvent un ciel dégagé. La zone est protégée des intempéries par les montagnes norvégiennes qui retiennent les nuages venus de l’Atlantique. On a beaucoup aimé, c’était plus éloigné des Alpes françaises que la Norvège. Et finalement assez accessible depuis la France en train puisqu’accessible en une nuit depuis Stockholm.

    Au retour de Helsinki, nous passons 8h à Stockholm. Guillaume et Chloé avaient déjà visité la ville en 2022. On se dirige aujourd’hui vers l’île de Djugarden qui héberge pas mal de musées. Maël et Guillaume vont au Vasamuseet, musée qui retrace l’histoire du bâteau Vasa, qui a coulé dans l’archipel de Stockholm le jour de son voyage inaugural en 1628 et a été retrouvé et remonté à la surface seulement dans les années 1980. Chloé se rend au Nordisk museum juste à côté qui retrace l’histoire de la Suède de 1600 à 2000, avec nombreux objets historiques à l’appui. Les 2 musées sont très bien agencés et agréable à visiter. Puis pour finir la journée on sacrifie à la tradition du Fika, à savoir le Café avec patisserie, une pratique très suédoise. Roulé à la cannelle pour Guillaume, gâteau Princess pour Chloé et glace délicieuse pour Maël.

    Et maintenant, retour vers la France ! Stockholm-Hambourg en train de nuit (mauvaise nuit cette fois-ci, avec couchettes étroites et clim en panne), puis Hambourg-Karlsruhe-Paris dans la foulée.

  • Norvège

    Oslo

    Dimanche 14 juin nous arrivons à Oslo en ferry, en passant à travers le fjord d’Oslo. La salle de petit déjeuner nous permet de profiter de la vue et d’avoir un premier aperçu de la Norvège. Première étape après avoir déposé nos sacs : le musée des Prix Nobel de la Paix. On apprend par la même occasion que le celui-ci est décerné par le parlement norvégien, sur demande testamentaire de Alfred Nobel quand les autres sont decernés en Suède. Le musée retrace l’histoire d’Alfred Nobel, permet de découvrir tous les récipiendaires et de découvrir que c’est la Croix Rouge qui en a reçu le plus (3 au total + celui d’Henri Dunant, son fondateur, qui a reçu le tout premier prix Nobel de la Paix en 1901). Une exposition était consacrée à la vénézuelienne Maria Corina Machado, à son action et à la façon dont sa nomination a été accueillie. On voit d’ailleurs une médaille du Nobel, qui est gravée au nom du gagnant. Dommage pour Trump qui a donc la médaille 2025, donnée par Mme Machado, mais pas son nom dessus. On finit par une activité appaisante de tricot de tubes géants.

    Après un rapide pique-nique nous prenons le ferry direction l’Île aux Musées qui héberge 4 musées + un 5eme en construction. Au programme :
    – Le musée du Främ qui retrace l’histoire de ce navire qui a permit la conquête de l’arctique et de l’antarctique (poles Nord et Sud donc) successivement par les explorateurs norvégiens Fridtjof Nansen, Otto Sverdrup et Roald Amundsen entre 1893 et 1912. Le musée héberge ce bateau ainsi qu’un autre bateau d’expéditions polaires, le Gjoa. Les norvégiens sont arrivés en premier au pôle Sud, coiffant au poteau les anglais. Pour le pôle Nord c’est moins clair.
    Musée Kon-tiki : le Kon-Tiki est un bateau construit en troncs de balsa (un radeau, en réalité) qui a servi à un explorateur norvégien, Thor Heyerdahl, pour prouver qu’il était possible de traverser le Pacifique sur un tel bateau construit 100% en matière naturelle, à la main. Il a tenu son pari en faisant une traversée Pérou-Polynésie française en 101 jours, en 1947, montrant ainsi que les peuples d’Amérique et de Polynésie avaient pu être en contact il y a de nombreux siècles de cela, ce qu’il imaginait après avoir comparé les statues Inca et les Moai de l’île de Pâques ou les Tiki marquisiens. Une belle épopée qui fait un magnifique lien entre notre voyage en Polynésie et celui en Scandinavie. Fun fact, contrairement à la réputation d’habiles marins des norvégiens, Thoer Heyerdahl n’avait n’avait jamais navigué auparavant. Il a renouvelé cette expérience de communication entre les continents en faisant la traversée Maroc-Caraïbes à bord d’un bateau en papyrus en 56 jours selon les techniques utilisées sur le Nil au temps des pharaons, rapprochant ainsi les techniques de momification des incas de celles des égyptiens, qui avaient pu être en contact à leur époque et partager des connaissances. Ses théories archéologiques sont démenties depuis mais les épopées sont belles et fortes, c’était un superbe musée et les bâteaux utilisés étaient là !

    3 superbes musées pour notre premier jour en Norvège, on a tous les 3 beaucoup aimé.

    Deuxième jour à Olso, on choisit de visiter un peu la ville. Elle est vallonée, contrairement à Copenhague, ce qui rend les déplacement à pieds moins aisés. Nous prenons donc le tram. L’architecture est brutaliste, beaucoup de béton, de fer peu d’ornement, là où Copenhague comportait beaucoup de bâtiments en brique de 200 ans, ornementés. Nous découvrons le city hall (la mairie) et son intérieur très coloré, dont le hall où est remis le Nobel de la Paix. Le contraste avec l’extérieur austère est fort. Nous nous promenons ensuite le long des quais pour monter sur le toit de l’opera et embrasser la ville du regard. On voit un village de sauna, dans le port, et au loin un tremplin de saut à ski, une belle synthèse du pays.

    Puis passage par « Viking Planet », un espace retraçant la vie et l’histoire des vikings à travers pas mal d’outils numériques récents. Une expérience sympathique qui introduit bien l’histoire des Vikings, qui étaient navigateurs, nomades, et qui ont dominé une bonne partie de l’Europe autour de l’an 1000, jusqu’à fonder Kiev et à poser les premiers le pied en Amérique, en traversant le Groënland. Ils ont aussi conquis la Normandie.

    On finit notre tour des musées par le Musée Munch. Sept étages dédiés au célèbre peintre norvégien. Peinture, fresque pour l’université ou Freia, célèbre chocolaterie norvégienne,lithographie… il a exploré beaucoup de techniques, entre les années 1880 et sa mort en 1944. Le musée expose aussi Le Cri, son oeuvre la plus célèbre. Et là, surprise, Munch a produit 3 versions du Cri : une dessinée, une imprimée, une peinte (la plus célèbre). Elles sont montrées en alternance toutes les 30 min. Il travaillait très souvent comme ça en produisant plusieurs version d’un même thème avec plusieurs techniques. On était un peu sceptique sur le fait de visiter un musée de peintures, mais il était inclus dans le Oslo pass et on a quand même passé un bon moment. Maël a pu faire des impressions à la craie grasse.

    Pour finir la journée et s’immerger dans la culture locale, Guillaume et Maël ont profité d’une des « piscines » publiques pour sauter dans le fjord…à 16°C. Il n’y avait pas foule, mais ce n’étaient pas les seuls à se baigner. Enfin, point économique : 50€ les 3 foccaccias+2 boissons, 8€ la glace 2 boules, 4,5€ le timbre vers la France. Copenhague était chère, Oslo est bien pire !!!

    Fjords et nature norvégienne

    Après Oslo, on embarque train pour une partie plus « nature » de notre voyage. On commence par la ligne Oslo Myrdal, ville à 886m d’altitude, au milieu de la Norvège. Rien que ce premier voyage dans un train classique nous fait complètement changer de paysage : on voit de la neige, des lacs de montagnes, des glaciers. On n’est pas très haut en terme d’altitude, mais comme on est beaucoup plus au nord de l’Europe, on a l’impression d’être dans les Alpes à plus de 2000 m ! A Myrdal, changement de train : on va prendre la ligne touristique Myrdal – Flåm. Les guides touristiques la présentent comme une des plus belles lignes de train du monde, et en effet, c’est très beau, très impressionnant. En partant de Myrdal (886m d’altitude donc), on arrive au bord du fjord Aurlandsfjord, au niveau de la mer. La ligne serpente donc à flanc de montagne, en surplombant la vallée. On y croise notamment de magnifiques cascades et torrent, c’est une très belle expérience. C’est d’autant plus impressionnant quand on sait que les tunnels ont été percés à la main, au début du XXe siècle. Puis nous arrivons à Flåm, au bord du fjord.

    Petite pause pour admirer le paysage, nous dégourdir les jambes et visiter le petit musée consacré à la ligne de train, puis on embarque pour deux heures à bord de l’un des ferry qui fait la liaison entre Flåm et Gudvangen, à un autre bout du fjord. La traversée est magnifique, entr paysages de montagne très escarpées et navigation sur mer d’huile : c’est superbe. On arrive finalement à Gudvangen, petit village assez touristique au bout du fjord. On sent que c’est une grosse étape de passage : il y a plein de cars à l’arrivée pour embarquer tous les passages du bateau, mais nous on part à pied jusqu’à notre logement, un petit bungalow dans le camping.

    Le lendemain, on part pour une petite randonnée le long du fjord, en direction du village de Bakka. Cela nous permet d’avoir un point de vue différent sur le fjord et de prendre le temps de profiter du paysage. Le chemin par contre est assez moche : on marche directement sur la route ou à côté, heureusement il y a peu de voitures (surtout des campings car d’ailleurs, et surtout des allemands !). On croise aussi une vache sur le chemin, pleine de poils et de cornes, avec ses deux veaux, c’était surprenant.Nous arrivons donc au village après une bonne heure de marche, on s’arrête pour admirer la petite église blanche, puis on va au bord de l’eau pour admirer la vue. Le village en lui même ne présente pas trop d’intérêt, en tout cas là où on est : c’est une grosse aire.de.camping. On repart donc dans l’autre sens, pour trouver un coin sympa où s’arrêter manger, un peu à l’écart de la route. Guillaume en profite pour sauter dans le fjord : c’est froiiiid ! Petite surprise au passage, on voit passer dans le fjord la tête d’un phoque, avant que celui ne replonge. On en reverra plusieurs lors du trajet retour, leurs moustaches en l’air avant qu’ils ne replongent dans les eaux froides (ils sont bien équipés eux!).

    De retour à Gudvangen, on passe l’après-midi dans l’attraction locale : le village Viking. Un super endroit qui présente la vie des habitants à l’époque viking. Plusieurs bénévoles en costumes d’époque présentent les activités vikings aux visiteurs : histoire de ces guerriers, mode, armes, statut social, musique, plein d’aspect de la vie sont présentés. Ils proposent également d’essayer certaines armes, de s’initier au tir à l’arc et au lancer de haches, ou encore d’apprendre certains jeux. Les gens sont très gentils, certains vivent à l’année à Gudvangen mais d’autres sont de passage pour quelques semaines ou mois, le temps de s’immerger dans ce mode de vie à l’ancienne.

    Après une dernière nuit, et une dernière petite balade pour admirer une dernière fois le fjord, on prend le bus direction Voss, une plus grand me ville à 45 kilomètres de là. Elle est réputée pour être la capitale du sport de la région, réputation qui n’est pas usurpée au vue du nombre d’activités disponibles sur place : rando, velo, kayak, raft, parapente, golf, il y en a pour tous les goûts. De notre côté, on choisit en arrivant d’aller faire un tour à vélo autour du lac Vangsvatnet. Une ballade tranquille de 2h30 environ, qui nous permet d’admirer les environs, de croiser quelques moutons et on poules, et de nous mettre dans l’ambiance. En terminant, on trouve un super parc pour enfant, face au lac, pour bien conclure. Puis on rentre à l’hôtel après une pizza en ville (seul restaurant qu’on a trouvé qui nous permet de rester dans un budget raisonnable), et on termine la soirée tranquillement : sauna pour Guillaume, boisson au bar pour Chloé et Maël. On est parés pour la journée du lendemain, qui va être très longue !

    Ce vendredi 19, c’est notre dernier jour complet en Norvège . Après un solide petit déjeuner (de l’hôtel Scandic, très bonne adresse), on part à pied dans les hauteurs de la ville pour visiter le folkemuseum. Celui-ci est installé à côté d’un ancien corps de ferme de la région. Il permet de visiter la ferme, et comprends également deux expositions dans le bâtiment moderne du musée. Une de ces expositions est consacrée au travail du bois dans la région, notamment à la construction des maisons en rondins, avec une technique de coupe permettant s’encastrer les rondins. La deuxième exposition est consacrée à l’histoire de Voss. On voit l’évolution d’une petite ville plutôt agricole vers le gros centre touristique de sport naturel. La région a d’ailleurs vu naître plusieurs champions norvégiens de ski, et considérée aujourd’hui comme une des capitales mondiales du sport extrême. Ensuite on sort du musée moderne : la partie à l’extérieur est donc un ancien corps de ferme de 14 bâtiments, ayant appartenus à deux famille. Elles y ont vécu près de 400 ans, jusqu’en 1927, quand l’agriculture ne leur permettait plus de vivre : la ville a alors racheté la ferme comme témoin de l’époque. On peut donc visiter les lieux de vie, les granges, les espaces de stockage et se faire une idée de la vie à l’époque, c’était très intéressant.

    Après notre visite, on repart en ville pour notre dernière activité sur place : une descente de la rivière en rafting ! Grande première pour Maël, qui a beaucoup apprécié : la descente étaient adaptés au enfants jeunes (on l’a d’ailleurs faite avec un couple d’indiens et leur enfant de six ans), mais comprenait quand même quelques rapides qui nous ont bien secoués ! On a aussi pu tester la baignade en rivière et en combinaison ça reste froid mais c’est plus agréable que les fjords en maillot de bain. Puis retour à notre hôtel on l’on va attendre dans le hall notre prochain train; on part maintenant en Suède avec en long trajet en train : train de nuit entre 00:28 et 06:27 pour rejoindre Oslo, petit déjeuner rapide à la gare, nouveau train entre 7h30 et 14h pour atteindre Stockholm (on l’on retrouvera Sylvie et Fred pour quelques heures), nouveau train de nuit entre 18:30 et 05:30 pour atteindre Bøden, et enfin dernier train entre 6h et 11h pour atteindre notre objectif : Abisko, tout au nord de la Suède !

  • Copenhaguen

    Mercredi 10 juin, départ pour le dernier voyage de ce congé sabbatique : direction la Scandinavie, dont nous parcourons 4 pays ou capitales. Danemark, Norvège, Suède et Finlande. Première étape, Copenhague, capitale du Danemark. Le trajet depuis Paris se scinde en 2 parties :Paris-Hambourg, en 9h de train, une nuit à Hambourg, puis Hambourg-Copenhague en 5h. Trajet tout à fait agréable et première incursion en Scandinavie en passant en train un grand pont enchainé avec un tunnel entre le continent et l’île sur laquelle est située Copenhague.

    Nos affaires à peine déposées dans notre logement, nous repartons dans le centre ville. Première étape, l’église Notre-Sauveur, qui date des années 1650, et qui est maintenant surmontée d’une belle tour de 90m et 400 marches qui donne une splendide vue sur la ville. Nous profitons aussi du carillon des cloches en redescendant à 17h.

    Deuxième étape de la soirée, le parc Tivoli, le deuxième plus ancien parc d’attraction du pays…et du monde. Une immense fête foraine, avec décors anciens, manèges pour tous, restaurants et beaux jardins. Une belle façon de passer notre première soirée au Danemark. On inaugure aussi les pluies locales (5 ou 6 pluies de quelques minutes en 1h de temps, les journées à rallonge (il est 21h48 et on a l’impression de 20h30 heure française) et les fenêtres sans volets.

    Deuxième journée à Copenhague : nous débutons par une balade guidée en bateau sur les canaux de la ville pour avoir un aperçu des bâtiments et des conseils pour nos visites. Après un déjeuner de smørrebrøds, des tartines (d’avocat, de saumon fumé et de pommes de terre pour nous) typiques des pays nordiques, nous remontons la rue commerçante principale. Arrêt dessert chez La Glace, un salon de thé réputé : les patisseries (au nougat/crème et à la noix/crème) sont bonnes bien que très sucrées. Et les danois ne sont pas des pros du café, bon à savoir. Bien rassasiés nous continuons en direction de Rosenborg, un ancien chateau royal qui contient les joyaux de la couronne, dont des parures encore portées aujourd’hui par les souverains et des couronnes royales. Le château était bien organisé, joli, et le livret de visite sympatique.

    Enfin nous remontons en direction de Nyhavn, le vieux port et ses maisons colorées avant de bifurquer vers le Danish Architecture Center, que nous a recommandé le guide de ce matin. En effet outre deux expositions sur le design danois (bâtiments fonctionnels et beaux et beaucoup de chaises), il comprend un toboggan permettant de redescendre jusqu’au rez-de-chaussée ! Durant la journée on croise de nombreux jeux pour enfants ultra qualitatifs et on voit même des enfants passer directement de leur école à ces jeux pour leur récréation. Aucune barrière autour des écoles ni des jeux, grande liberté et confiance dans les enfants, c’est un aperçu de l’état d’esprit éducatif danois.

    Le coût de la vie à Copenhague est extrêmement élevé : 3€/adulte pour un trajet en bus, plus de 50€ pour 3 patisseries et un café, 15€ la visite d’un bâtiment et…4,5€ pour un timbre ! Heureusement il existe la Copenhaguen card qui offre un accès gratuit à 80 lieux et les transports en commun illimités. Elle est valable sur 24, 48 ou 72h glissantes ce qui en fait, pour une fois, une carte combinée très intéressante.

    Déjà le dernier jour ici, départ cet après-midi pour Oslo. Avant cela, on se rend au Guiness book museum, musée dédié au célèbre livre des records. On s’y rend pour faire plaisir à Maël, grand fan de records. Le musée est sympathique, avec des jeux réguliers pour battre les autres visiteurs (records du jour, du mois…). Il y a aussi des reproductions du plus grand homme, des plus grands pieds de femme, mais aussi les 10 ongles de doigts les plus longs (berk) et autres joyeusetés. Puis pour le déjeuner on se rend à Christinia, une enclave dans la ville qui a eu pendant près de 50 ans une existence autonome de celle du Danemark. L’ancienne « ville libre » a été fondée sur un site militaire désaffecté par des hippies, avait ses propres loi (dont l’autorisation de vente et de consommation de cannabis) et sa propre démocratie. Cette expérience unique a pris fin en 2013 quand le gouvernement a abrogé la loi lui donnant un statut spécial suite à des débordements liés à la vente de drogue (en très résumé). Ca reste un quartier alternatif, avec des maisons construites hors du code de l’urbanisme, une vie communautaire riche, des fresques murales et des magasins d’art et de seconde main.

    Enfin, sur le chemin de l’embarcadère de notre bateau de croisière nous nous arrêtons voir la statut de la Petite sirène. Décevante, sans trop de surprise. En attendant l’heure d’embarqué, direction un autre super parc pour enfants situé sur le toit d’un immeuble, qu’on a découvert la veille en visitant le musée de l’architecture.

    Pour se rendre à Oslo on prend donc un ferry qui a des airs de bateau de croisière : piscine et jeux pour enfants, plein de bars, un night-club : une traversée intéressante, avec une sublime vue en arrivant au travers du fjord de Oslo. Chloé et Maël ont profité de l’espace piscine/jacuzzi/sauna (sauna, typique de la Scandinavie) avant une bonne nuit de sommeil dans le noir pour une fois puisque la cabine était dépourvue de fenêtre.

    Copenhague a été une ville très agréable, il y a de quoi y rester 2 ou 3 nuits de plus pour y faire du vélo, se baigner ou aller explorer Riskilde, une ville accessible en train, ainsi que Legoland.

    C’est parti pour la Norvège ! On commencera par un programme urbain à Oslo avant d’aller se frotter à la nature norvégienne.

  • La Grèce

    Après des vacances de Printemps passées en Haute-Savoie, nous repartons à l’étranger, cette fois ci vers la Grèce, en train et ferry, puis sur place en train et voiture.

    Première étape : l’Italie ! Nous commençons par prendre le car à Annecy, qui nous amène à Turin. Nous flânons dans la ville, et goûtons bien évidemment notre première glace : affogato pour Chloé et Guillaume, Granite citron pour Maël : un régal ! Après un restaurant pour goûter les pâtes italiennes, direction la gare pour prendre le train de nuit vers Bari. Le voyage de nuit se passe bien, nous avions une cabine de 4 lits pour nous trois, grand confort.

    Arrivés à Bari, nous décidons de partir visiter la vieille ville, qui nous plonge tout de suite dans l’ambiance italienne : rues étroites, hautes maisons, linge suspendu au-dessus de la rue,scooter dans les ruelles… Pas de doute, on voyage en Italie 🎶 Au hasard de nos déambulations, nous tombons sur le musée archéologique de Santa Scolistica, que Maël a envie de visiter. Bonne pioche, le musée est super intéressant, il détaille comment les fouilles archéologiques ont permis de récupérer des objets de différentes périodes du lieu : vestige de l’âge de bronze, poteries de l’époque helléniques, puis romaines, et enfin monastère du 11ème siècle. L’exposition est bien faite, on est content d’être venus. On retourne ensuite en centre ville pour déjeuner dans un restaurant de burger végétarien colorés,que Chloé avait repéré avant de venir, puis on part à la plage. L’eau est trop froide pour se baigner, mais le sable est confortable,on y passe un bon moment, puis dans un petit parc, avant de se diriger vers le port. On avait prévu d’y aller en bus, mais au vu du retard de celui-ci, on se décide à y aller à pied (30 minutes de marche environ). Et bien évidemment, le bus nous a doublé juste avant qu’on arrive au bateau 😭

    Le trajet en ferry se passe super bien, beaucoup mieux que notre dernier trajet sur le Pacifique, à port de l’Apetahi Tahitien ! Nous avons une cabine avec vue sur mer, les lits y sont confortables. Après un dîner sur le pouce et une bonne douche, on se couche pour une nuit réparatrice, après la précédente qui a été un peu courte. Le lendemain, on se réveille à proximité des premières îles grecques : on prendra notre petit déjeuner devant Ithaque. Puis les contours de la Grèce continentale se précisent, et nous arrivons à Patras, au Nord Ouest du Péloponnèse : bienvenue en Grèce!

    De Patras, nous louons une voiture et partons pour notre premier logement, dans la petite ville de Galaxidi. C’est une collègue de Chloé qui nous a conseillé ce lieu de villégiature, et le conseil était excellent : la ville est petite mais toute mignonne, avec ses maisons blanches à tuiles rouges, ses deux églises orthodoxes, son port de pêcheurs et sa vue sur le Mont Parnasse enneigé. De Galaxidi, nous partons découvrir le site archéologique du sanctuaire de Delphes. C’était un site important entre le cinquième siècle avant Jésus-Christ et le deuxième siècle, période pendant laquelle les grecs venaient consulter la Pythie, vénérer Apollon et participer aux jeux Pythiques. Le lieu est composé (comme souvent en Grèce) d’un musée où sont exposées les œuvres récupérées sur le site, et du site lui-même où l’on peut voir les ruines des bâtiments. Petite particularité à Delphes : ce sont les français qui ont fait les fouilles pendant 10 ans autour de 1900, donc toutes les explications sont traduites en français, en plus de l’anglais. C’est très confortable ! Le musée est riche d’objets et de sculptures, notamment un gigantesque sphinx ailé, et une belle statue en bronze d’un aurige (un conducteur de char) : les riches grecs faisaient en effet régulièrement des offrandes au dieu Apollon, les archéologues ont donc retrouvé beaucoup de reliques. Le site est également très beau, certains bâtiments se sont bien conservés, et le cadre est somptueux : un peu en hauteur, il domine une vallée de pins et d’oliviers, la vue est magnifique !

    La visite terminée, on pique nique à proximité de Delphes (avec vue sur mer) puis on se rend dans la ville proche d’Arachova, charmante également. On y prend une glace, on se ballade un peu dans les rues, puis on rentre a Galaxidi. Sur le chemin, on s’arrête dans une petite plantation d’olive, dont le propriétaire fait également du miel. Il nous explique qu’il y a un million deux cent mille oliviers dans la plaine, repartis en de multiples petites parcelles. Certains sont jeunes, d’autres centenaires voire millénaire ! Lui possède un parcelle hérité de son grand père, et il a ajouté a son activité la production de miel : on a goûté, il est très bon.

    Le lendemain, suivant les conseils du producteur d’olive, on se rend au monastère d’Hosios Louka. Le monastère est un peu perdu dans les montagnes, il existe depuis mille ans environ, avec plusieurs reconstructions. Aujourd’hui encore il abrite une communauté de moines, mais la partie historique se visite : c’est l’occasion de réviser notre histoire du christianisme, et d’admirer les bâtiments de style orthodoxe, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. On a particulièrement bien aimé les décors de petites mosaïques. Nous pique niquons ensuite juste au dessus du monastère, avec une belle vue sur celui-ci et sur les collines environnantes, puis nous repartons vers Galaxidi, avec une brève étape à l’ancien port de Kirra, qui ne nous a pas marqué. On profite une dernière fois du port et des nombreux chats autour du logement (on en croisera plein, partout en Grèce).

    C’est donc la fin de notre séjour à Galaxidi, on reprend la voiture, direction l’Arcadie, dans le Péloponnèse. Cette fois, pour traverser le golfe de Corinthe, on prend le ferry plutôt que le pont : c’est plus long (une heure dans notre cas, on a loupé un ferry de peu), mais un peu moins cher et ça coupe la route. On fait une grosse étape de voiture, avec une pause restaurant au bord de la route, et une petite surprise : les plats qu’on nous sert sont énorme ! La salade grecque notamment, qui n’est pas une petite salade avec un peu de feta comme en France, mais un gros plat de tomates, oignons, poivrons, olives, avec un énorme morceaux de feta. On le sera pour les prochains repas (même si on se fera parfois encore avoir) : les portions en Grèce sont plutôt importantes. On repart le vente bien plein, et on finit par arriver à notre premier objectif de la journée, les gorges de Lousios. On part pour une randonnée de deux heures environ, qui nous emmène au fil de l’eau, et nous fera croiser deux vieux monastère (dont un désaffecté), et trois chevaux. Appartiennent-ils au moines ? Mystère, on ne le saura pas. Enfin on termine notre trajet à Leontodari, perdus dans les montagnes. Après un restaurant où l’on sera encore les seuls clients de la salle, on part se coucher, bien fatigués.

    Après une bonne nuit, nous partons le matin pour les environs de Kalamata, où nous avons réservé une dégustation d’huile d’olive, suivie d’une visite du moulin local. Du fait de notre emploi du temps et des contraintes du lieu, nous faisons la dégustation à 9h30 : c’est un peu rude de bon matin, mais l’expérience reste très bonne ! Notre guide nous fait d’abord sentir de la mauvaise huile (conservée dans du plastique, à éviter !), puis nous fait essayer de l’huile des premières récoltes, au goût prononcé un peu amer, et enfin deux autres huiles d’olives : un régal ! Elle nous apprend que l’appellation Extra vierge sur les bouteilles est attribuée non seulement sur des critères de récoltes et des analyses, mais aussi par des groupes d’experts, qui dégustent à l’aveugle les huiles et décident si elles méritent cette appellation, en fonction de son goût, son odeur, son acidité, son amertume et son « piquant ». On n’est pas arrivé à ce niveau de détail sur notre première dégustation, mais on arrive quand même à sentir quelques différences ! Puis on part dans le village pour aller observer quelques uns des très nombreux oliviers : plus de quinze millions dans les environs de Kalamata. On aura vu et dégusté les variétés Kalamata (pour les olives de dégustation plutôt) et Koroneiki (petites, pour l’huile de préférence).

    Comme près de Galaxidi, les producteurs possèdent de petites parcelles, et viennent faire leur récolte entre octobre et décembre, en parallèle de leur travail. Ces petites parcelles se transmettent de génération en génération, souvent sur des très longue période et valent cher : les oliviers vivent longtemps et produisent toute leur vie, avec un pic de production autour de leur deuxième siècle. Au moment de notre passage c’est la floraison, on peut voir plein de petites fleurs blanches, qui deviendront des olives dans quelques mois. Puis on va visiter le moulin à huile du village, où les producteurs de la région viennent presser leur récolte de la journée. On peut voir les machines et découvrir le processus de lavage, tri des feuilles, la pâte d’olives/noyaux puis l’extraction à froid via centrifugation de la pâte et décantation pour séparer l’huile de l’eau. Notre guide nous apprend que le mode de paiement est un peu particulier : les producteurs laissent en paiement un pourcentage de leur huile. Le reste de la production est soit écoulée par leurs soins soit vendue par le moulin sous sa marque. Une belle visite pour nous donc, on a appris plein de chose.

    On reprend ensuite la route direction le site de Mycènes, un des plus ancien de la Grèce. D’après la légende, c’est la cité du mythique roi Agamemnon, roi des rois grecs dans l’Illiade, et chef de l’armée partie conquérir Troie. D’un point de vue historique, c’est une cité qui a connu son apogée vers le 13ème siècle avant Jésus-Christ, au début de l’Antiquité (bien avant la construction du sanctuaire de Delphes et du Parthénon donc). La cité est posé au sommet d’une colline, et très bien conservée (au vu de son âge) : on peut bien imaginer la vie des anciens grecs, le commerce qu’ils faisaient, la manière dont leur armée contrôlait la région, et même avec un peu d’imagination la vie dans la cité. Comme souvent sur les sites antiques, l’état grec a regroupé dans un musée les différents objets trouvés sur le site, et nous avons commencé par là : cela nous permet de resituer le contexte historique, et d’admirer les objets. On se promène ensuite dans la cité, avec notamment sa magnifique porte des Lionnes (environ 3250 ans au compteur), et on repart tranquillement vers notre destination suivante : Myloi, sur la côte, petite station balnéaire près de la ville d’Argos. On va y passer deux nuits.

    Le lendemain de Mycènes, on continue notre tour des sites archéologiques : aujourd’hui, ce sera Epidaure. C’est un sanctuaire dédié à Esculape, le dieu grec de la médecine (je passe sur la mythologie, c’est comme d’habitude très tragique). Comme pour les précédents sites, on commence par le musée, qui est assez petit cette fois, mais propose de belles statues. On déambule ensuite sur le site, qui a été conçu comme un lieu pour accueillir les malades et les soigner : il y a donc les restes des temples, mais aussi d’un espèce d’hôtel, puis des bains construit à l’époque romaine. On y trouve également un stade, car des jeux similaires aux jeux olympiques y ont régulièrement été organisés. Enfin, on va admirer le joyau du site : le théâtre d’Epidaure, un des monuments les mieux conservés de l’époque. C’est là que se tenait à l’époque les concours des jeux, et les représentations théâtrales. Il est réputé pour son excellent acoustique, que l’on a pu tester en direct : un groupe de lycéen y a joué une petite pièce pendant notre visite, et on confirme que même du haut des gradins, on entend bien ce qui se passe sur scène. On pique nique sur place, et on repart vers Nauplie au bord de la mer. La ville a été capitale de la Grèce pendant une brève période après la guerre d’indépendance grecque, et c’est agréable de déambuler dans les rues de la vieille ville. On arrive aussi juste avant un grand événement de yacht de luxe, et le port est repli de gros bateaux qui sentent fort l’argent (beauuuucoup d’argent). On sent que ce n’est pas pour nous. C’est aussi à Nauplie qu’on a une mauvaise blague avec nos moyens de transport. Normalement, le lendemain, on doit rendre la voiture de location à Patras et prendre le train jusqu’à Athènes, puis finir notre séjour en train. Sauf que la compagnie de transport hellénique nous annonce que les personnels se sont mis en grève, et qu’il n’y aura donc AUCUN train en circulation dans TOUT LE PAYS!! Oups, on doit rapidement modifier nos plans, heureusement assez simplement : on contact l’agence de location pour prolonger la voiture (on fera tout en voiture du coup), et quelques jours après on annulera tous les billets de train à Athènes. Ouf, on peut rentrer à Myloi l’esprit tranquille.

    Le lendemain, c’est le départ pour Athènes, avec une escale rapide à Corinthe, on l’on passe sur les différents ponts du canal : celui proche de la mer Egée, au ras de l’eau (et même submersible), puis les grands ponts piétons et routier, plutôt de l’autre côté du canal. On constate aussi que le canal est bien haut, mais pas très large. Cela en fait donc un bon spot pour le saut à l’élastique : on peut assister à un saut en direct. Puis on reprend la route direction Athènes. On arrive là bas le 1er mai, les rues sont assez calmes, tout comme notre quartier. On pose nos affaires, et on part à pied sur le mont Lycabette, une des collines d’Athènes. Le long de l’ascension, on passe dans des rues désertes, l’impression est un peu bizarre, d’autant plus que la plupart des bâtiments sont taggués : l’atmosphère n’est pas très accueillante. Mais au sommet du mont, la vue est belle : on peut admirer l’Acropole au loin (vue d’en haut), et la ville d’Athènes en général : très blanche, très étendue, très dense, mais pas très haute. On apprendra par la suite qu’environ 40% de la population grecque vit à Athènes (ce qui explique la densité), et que ce sont plutôt les banlieues qui sont riche, alors que le centre concentre plus de pauvreté (ce qui explique notre impression en arrivant). Et qu’il y a une loi qui empêche la construction de hauts bâtiments : on doit pouvoir voir l’Acropole de tous les immeubles d’Athènes. On rentre chez nous pour une bonne nuit de sommeil : on a rendez-vous à huit heures pour la visite de l’Acropole.

    Cette visite se fait avec une guide francophone, ce qui permet à Maël de suivre les explications (et à nous de faire une pause dans nos traductions de l’anglais, ça repose). Elle nous raconte les mythes autour de la colline : la dispute entre Athéna et Poséidon pour le patronage de la ville, le roi mythique Erechtheion… Elle nous apprend aussi un point intéressant sur le théâtre à Athènes : la cité a instauré la démocratie, et tirait au sort une partie de ses dirigeants. Il était donc important que tous les citoyens soient éduqués et c’est le théâtre qui jouait ce rôle. Les pièces étaient financées par les riches citoyens d’Athènes (ce qui laisse à penser que certains travers des puissants perdurent à travers le temps). Après le théâtre, on continue notre ascension de la colline jusqu’aux grands bâtiments : l’imposante porte d’entrée, l’Erechtheion et bien sûr la Parthenon, le grand temple en l’honneur d’Athéna, où était entreposée une statue de la déesse. C’est beau, c’est impressionnant, mais c’est aussi bien venteux, et la foule commence à être très importante (et pourtant, on est arrivés à l’ouverture) : on décide donc de quitter l’Acropole, et d’aller flâner dans les rues d’Athènes. Tout le quartier autour de l’Acropole est très vivant, un peu touristique mais agréable : on y passe une bonne partie de l’après-midi, et on dégustera une petite spécialité, les loukoumades (sorte de beignet rond, avec du miel).

    Enfin, pour notre dernier jour à Athènes, on commence par aller voir la relève de la garde devant le Parlement. Les costumes sont folkloriques (Maël a bien aimé les pompons au pieds des gardes), et la démarche assez particulière. On part ensuite dans le jardin national d’Athènes, grand parc proche du Parlement, très vert et agréable. On y trouve un grand parc à jeu, dans lequel Maël se fait des copains français (c’est le dernier jour des vacances de parisiens). Puis on part en ville pour tester les gyros grecs, déguster un café et déambuler encore un peu. Bilan : on est content d’avoir découvert la ville, mais on n’y aurait pas passé plus de temps, trois jours c’était bien !

    D’Athènes, on rejoint le Pirée, le port de la ville, pour embarquer sur un hydrospeed « flying dolphin » vers l’île d’Agristi. Une petite heure de bateau plus tard (il est très rapide), on se retrouve sur l’île, où on va passer trois jours/deux nuits bien reposants, dans un hôtel confortable au bord de la mer. Le premier après-midi est consacré à la baignade (un peu froide mais ça passe pour quelques minutes) et l’exploration de notre petite ville (Skala) : on y trouve beaucoup d’hôtel et de restaurants, on a l’embarras du choix pour manger. Le lendemain, on loue des vélos pour partir en ballade. Il n’y a qu’une seule route sur l’île, elle ne fait même pas le tour, mais alterne montées et descentes au milieu des pins : la météo est avec nous, et malgré quelques ronchonnades de Maël dans certains montées, on avance à un bon rythme. On arrive jusqu’au bout d’Agristi, sur la plage d’Aponisos, en face de la toute petite île du même nom. Le cadre est très joli, on s’y arrête pour le pique-nique, tremper les pieds dans l’eau et souffler après notre ballade. On repart après notre repas dans l’autre sens jusqu’à notre hôtel, et cette fois c’est un plaisir de plonger dans l’eau fraiche pour se délasser après l’effort ! 17km et 350 D+ dans la journée tout de même. Et pour se remettre en forme, le soir ce sera cocktail et pizza. Une dernière nuit sur l’île et on reprend le bateau le lendemain pour le Pirée.

    Du Pirée, on retourne à Patras pour nos deux dernières nuits. On s’arrête en chemin à Corinthe, pour que Guillaume puisse tester le saut à l’élastique dans le canal : sensations garanties ! On passe ensuite la soirée à Patras, et la ville nous a charmé : c’est vivant, le centre est piéton, et on trouve une super petit restaurant, Giabrim, où la patronne nous récite la carte : super bon, très joli cadre, on recommande. Après une bonne nuit, on part pour notre dernier site antique (et nous des moindres) : Olympie. On commence à avoir l’habitude : musée du site pour en apprendre plus sur l’histoire du site, et admirer les objets, et ballade dans le site pour voir les ruines. Ici, on voit bien sûr des traces des jeux olympiques : un grand stade, où Maël est content de courir comme dans l’Antiquité (et battre sa mère à la course). Il y a aussi quelques ruines temples d’Hera et de Zeus. Le site était consacré principalement à ce dernier, et c’est ici que se trouvaient l’une des sept merveilles du monde : la statue d’or et d’ivoire de Zeus dans son temple. Celle-ci a été a priori emmenée par les byzantins, et a disparu dans un incendie. Après le site, on va également visiter le musée consacré aux jeux olympiques antiques, très bien fait. On y apprend que c’est à Olympie qu’ont eu lieu les premiers jeux, dont se sont inspirés les autres sanctuaires. Que les jeux se sont déroulés tous les quatre ans pendant plus de mille an sans interruption, malgré les guerres qui ont secoué la Grèce antique. Que la liste des épreuves s’est petit à petit agrandie, jusqu’à inclure des épreuves pour les « garçons ». Bref plein d’infos permettant de mieux comprendre. En sortant du musée, on découvre qu’il y a également dans l’ancienne Olympie un petit musée (gratuit) consacrés aux sciences et technologies antiques, et particulièrement à Archimède. Le musée est très pédagogique, il présente des modèles réduits des inventions de l’époque ou des explications sur celles-ci, c’était super ! Après ce musée, on retourne à Patras pour notre dernière nuit en Grèce.

    C’est l’heure de rentrer ! On passe encore quelques heures à Patras, ce qui nous permet de visiter le château de la ville, de faire quelques courses et de déguster une dernière salade grecque et un dernier Gyros. Puis on file au port pour prendre le ferry pour Bari. Le trajet de nuit se passe sans encombre, on arrive à Bari suffisamment tôt pour profiter un peu de la ville. Dans la vieille ville, on regarde la fabrication artisanale et on achète des orecchiette, ces petites pâtes rondes des Pouilles. On en goutera au restaurant, ainsi que des glaces locales (on est en Italie quand même!). On passe un peu de temps à visiter le château de la ville, témoin de l’évolution de la région. Et on se détend dans un parc de la ville, histoire que Maël puisse se défouler entre ferry et train. Puis le soir venu, on prend le train de nuit direction Milan. On y dort très bien cette fois, et arrivé à Milan on part en Blablacar direction la Haute-Savoie : retour au bercail !